Histoires diverses

Il y a 100 ans, le 26 août 1917

Dans l’euphorie du centenaire de la Première Guerre Mondiale, période de l’histoire que j’apprécie beaucoup, j’ai voulu en savoir plus sur mes ancêtres qui ont participé à celle qui devait être la Der des Ders.

3 de mes 4 arrières-grands-pères ont participé à ce conflit, Ils y ont tous survécu, et sont revenus, certainement meurtris, changés, auprès des leurs. C’est plutôt une bonne nouvelle n’est-ce pas ?

Puis un jour, sur le Monument aux Morts de Châlons-en-Champagne, je vois inscrit : LEGER GASTON. Gaston ? Bizarre.

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Monument aux Morts de Châlons-en-Champagne – Collection personnelle

Une fois installée devant mon ordinateur, les investigations commencent sur Mémoire des Hommes.

BINGO ! LEGER Gaston Eugène né le 16 octobre 1890 à Châlons-sur-Marne est le frère ainé de mon arrière-grand-père Marcel Jules LEGER. Il est porté disparu depuis le 26 août 1917 à Beaumont-en-Verdunois (55) et déclaré Mort pour la France le 29 juillet 1921.

Gaston est le premier d’une fratrie d’au moins 13 enfants dont seulement 7 sont vivants en 1914. Ces parents, LEGER Marie Camille Adrien et SCHERER Eugénie Augustine se sont mariés à Châlons le 26 avril 1890. Lui est originaire de Mont-devant-Sassey dans la Meuse et elle de Châlons.

Gaston est recensé en 1910 au Bureau de recrutement de Châlons-sur-Marne sous le numéro de matricule 1313. A l’époque, il est ouvrier en chaussures. Il mesure 1m67, ces cheveux sont châtains foncés, ces yeux « jaunes foncé saillants » et son teint est coloré.

Une mention sur le registre de matricule indique qu’il était musicien.

Le 10 octobre 1911, il arrive au 106ème Régiment d’Infanterie basé à Châlons. Après 2 ans d’instruction militaire, il retourne dans sa famille, au 5 rue des Rivaux, le 8 novembre 1913.

Bien évidemment, Gaston est rappelé sous les drapeaux à la mobilisation générale. Il arrive au 106ème RI le 2 août 1914.

En 1915, il est blessé à deux reprises :

– le 30 mars 1915 aux Eparges (55) : il reçoit un éclat d’obus qui le blesse sur la partie médiane du front.

– le 3 juillet 1915 au fort de Thiaumont à côté de Verdun (55) : une nouvelle fois, un éclat d’obus le touche en lui fracturant le radius et en lui faisant plusieurs plaies au front.

Le 28 septembre 1915, il passe au 47ème Régiment d’Infanterie. Puis le 5 octobre 1915, il est transféré au 248ème Régiment d’Infanterie avec l’indication « aux armées ». Gaston est nommé Caporal le 1er novembre 1915. J’apprendrais, d’après sa citation, qu’il était brancardier (au mois jusqu’au 5 octobre 1915).

Le 3 janvier 1917, il est une dernière fois transféré au 155ème Régiment d’Infanterie.

Depuis juillet 1917, le 155ème RI est près de Verdun. Les journées du 26 et 27 août 1917 sont tragiques. Le 155ème RI est en première ligne. L’attaque de Beaumont est prévue le 26 août au matin avec le soutien du 154ème RI à droite et le 287ème RI à gauche. A 4 h 30, les allemands débarquent sur les barrages français. A 4h45, nos lignes s’élancent et s’enfoncent dans les lignes ennemies.

Après 2 jours de combats acharnés, notre armée n’a pas réussi à reprendre le petit village meusien, qui sera rayé de la carte.

Bilan de ces 2 journées :

  • 46 tués
  • 146 blessés
  • 237 disparus

Depuis le 26 août 1917, Gaston est porté disparu… Peut-être est-il parmi les 130 000 soldats inconnus de l’Ossuaire de Douaumont ? Ou peut-être est-il encore enseveli sous la terre retournée par les obus… Pauvre Gaston.

Voici un extrait de la transcription de l’acte de décès de Gaston, acte n°599 du registre des décès de l’année 1921 du Châlons-sur-Marne :

« … nous transcrivons ici le jugement déclaratif de décès rendu par le Tribunal civil de Châlons-sur-Marne à la date du 29 juillet 1921. Par ces motifs : déclare constant le décès de Léger Gaston Eugène du 155ème Régiment d’infanterie, né à Châlons-sur-Marne le 16 octobre 1890, fils de Marie Camille Adrien et de Eugénie Augustine SCHERER, célibataire, classe 1910, numéro de matricule 1513 du recrutement de Châlons-sur-Marne, domicilié en dernier lieu à Châlons-sur-Marne, arrondissement de Châlons-sur-Marne, est décédé le 26 août 1917 à Beaumont (Meuse) « MORT POUR LA FRANCE »… »

Que reste-il de Gaston dans les Mémoires ?

Mon papy, le neveu de Gaston, s’appelle Maurice Gaston.

Chose un peu plus étrange, la famille de la mère de mon papy : les RITZLER, ont toujours pensé que Marcel Jules LEGER (mon AGP, le frère de Gaston) s’appelait Gaston.

L’attachement à ce frère disparu a permis de conserver sa Croix de Guerre avec étoile de bronze, transmis à mon papy.

Gaston a été cité (ordre du régiment n°39) :

« Depuis le début de la campagne, s’est montré brancardier dévoué et courageux. A été blessé le 20/03/1915 pendant qu’il transportait au poste de secours des blessés tombés en première ligne ».

 

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Photographie personnelle – Tout droit réservé

A mon cher Gaston. Tu vois, 100 ans plus tard, on pense encore à toi.

J’espère qu’un jour, des personnes passionnées comme il y en a à Massiges (51) retrouveront tes ossements et que nous pourrons faire une belle cérémonie pour toi et tes camarades.

 

Il est important de ne pas oublier les sacrifices de ces millions d’hommes, tombés au champ de bataille, mutilés, blessés, gazés, meurtris par les horreurs qu’ils ont vu, subis, acceptés… 

 

 

 

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