#RDVAncestral, Non classé

#RDVAncestral : 11 mai 1931

Chaque troisième samedi du mois, il est possible de partir à la rencontre de ces ancêtres. Le #RDVAncestral est un projet d’écriture, ouvert à tous, qui mêle littérature et généalogie. L’idée principal de ce rendez-vous est de partir à la rencontre de ces ancêtres, à l’époque choisi, et d’imaginer la suite. Vous pouvez retrouvez les rencontres de tous les participants sur le site http://www.rdvancestral.com.

« Bien, Messieurs nous voilà réunit ce jour, le lundi 11 mai 1931, à la demande du Conseil de Famille, pour procéder a l’inventaire après décès de Monsieur Marcel Jules LEGER. Mademoiselle vous notez ce que je viens de dire.  »

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Archives Départementales de la Marne – 4 E 2215

3 paires d’yeux me fixent intensément. Munie d’un encrier et d’un calepin, je tire une chaise et m’installe sur la petite table de la cuisine.

 » Nous pouvons reprendre ? Me demande le même homme manifestement agacé par ma lenteur… Je voudrais bien le voir à ma place tiens donc ! Je tente de me débrouiller avec ce matériel d’écriture d’un autre temps. Je ne sais pas dans quel état sera ce brouillon à la fin de la séance. Il me regarde toujours d’un air extrêmement sérieux. C’est sur que les circonstances ne sont pas joyeuses mais enfin, un peu d’indulgence, si le lui prêtait mon iPhone, il serait bien embêter !

C’est pas trop tôt ! Je poursuis. Nous nous situons à Châlons-sur-Marne, rue de Jericho numéro 15, dans une maison où habitait Monsieur Marcel LEGER de son vivant garde du jard. Ce Monsieur est décédé le 31 mars dernier en cette ville à l’Hotel-Dieu. Il est veuf de Madame Andrée Louise RITZLER décédée le 28 juin 1926 à l’Hotel-Dieu également. Messieurs, êtes vous d’accord avec mes dires ?

Les 2 hommes présents dans la pièce acquiescent d’un signe de tête. Je reconnais l’un d’eux pour avoir vu beaucoup de photos de lui. Il s’agit du père d’Andrée : Léger RITZLER mon arrière-arrière-grand-père paternel. Une cigarette au bec, il semble rester de marbre. En même temps, il faut être fort pour surmonter la mort de sa fille aînée et assumer l’éducation de ces 2 petits-enfants devenus orphelins à 10 et 5 ans.

À la requête de Monsieur Léger Alexandre RITZLER, maçon demeurant à Saint Memmie, 25 rue des vieilles postes, agissant en nom et comme tuteur de ses petits-enfants mineurs ci après dénommés Mademoiselle Marguerite Marié LEGER née à Châlons-sur-Marne le 20 juillet 1921 et Monsieur Maurice Gaston LEGER né à Châlons-sur-Marne le 24 mai 1926. Et en présence de Monsieur René LEGER rédacteur au service des soins gratuits à la Préfecture de la Marne, résidant à Châlons-sur-Marné route de Vitry numéro 25, agissant en qualité de subroge des deux enfants mineurs précédemment dénommés, ses nièce et neveu. C’est toujours exacte ?

C’est bien cela, réponds René.

Bien. Je soussigné Maître Jean Popelin, notaire à Châlons-sur-Marne, va procéder à l’inventaire fidèle et descriptions exactes des meubles meublants, des objets mobiliers, titres, valeurs, papiers, deniers comptants et renseignements de toute nature pouvant dépendre activement et passivement à la succession de Monsieur Marcel Jules LEGER et Andrée Louise RITZLER, époux décédés. Vous suivez Mademoiselle ?

Tout est écrit Maître. Je n’ose imaginer la difficulté que les personnes auront à me relire… Promis, je pars avec un stylo à tous mes #RDVAncestral. Avez-vous déjà écrit à la plume ? C’est de la torture !

Et bien, tout arrive… Mademoiselle, Messieurs, suivez moi, nous allons donc débuter l’inventaire par la chambre à coucher.

Je me lève, prend la plume et le calepin et j’emboîte le pas derrière les 3 hommes pour arriver dans la chambre à coucher se trouvant juste à côté de la cuisine. Le notaire précise que l’estimation des biens sera faite par un commissaire priseur. Puis il commence l’énumération de tout ce qui se trouve dans la pièce :

Archives Départementales de la Marne
4 E 2215 – 11 mai 1931

Nous déambulons dans les pièces au fur et à mesure de l’inventaire. Je note tous ce qui s’y trouve. Une bonne heure plus tard, l’inventaire est terminé.

Cette fois, j’en suis certaine. Rien dans cette inventaire n’indique la présence de deux enfants. Mon papy et sa sœur n’ont jamais du habiter avec père. Après le décès de leur mère en 196, ils ont dû être immédiatement pris en charge par leurs grands-parents maternels.

Messieurs, l’inventaire de l’habitation de Monsieur LEGER est à présent terminé. Nous avons répertorié et décrit exactement tous les meubles meublants, les objets mobiliers, titres, valeurs, papiers, derniers comptants, et renseignements de toute nature. Avez-vous des informations complémentaires à me préciser ?

Monsieur LEGER a reçu il y a quelques jours une régularisation de sa pension d’invalidité. J’ai amené le document avec moi, dit Léger RITZLER.

Très bien, dit le notaire. Vous l’apporterez à notre prochain rendez-vous. Je vous ferais parvenir une convocation pour la signature de l’inventaire, dans les prochains jours, le temps de préparer la minute. Si vous n’avez rien à ajouter, je vous raccompagne jusqu’à la porte.

Les 2 hommes me saluent d’un signe de tête et suivent le notaire.

Merci Maitre, dit Léger. Aurevoir.

Merci et aurevoir, dit à son tour René.

Aurevoir Messieurs, répond le notaire.

Les 2 hommes sortent de la maisonnette. Le notaire ferme la porte et se dirige vers moi. Je remballe vite fait bien fait le matériel d’écriture et le petit calepin.

Vous avez tout noté Mademoiselle ?

Oui du mieux que j’ai pu !

Bien. On verra cela. Rentrez à l’étude, j’ai encore un rendez-vous. Commencez à préparer le document, m’ordonne-t-il.

Euh non. Je lui colle le matériel d’écriture et le calepin dans les bras. Moi aussi j’ai un rendez-vous, navrée Maître. Il me regarde d’un air déconfit. Il ne sait même pas quoi me répondre ! C’est drôle à voir lui qui était si sûr de lui. Aurevoir Maître. 

Je me dépêche de sortir de la maison en espérant pouvoir retrouver Léger et René. Je cours jusqu’au portillon et sors dans la petite ruelle. Je regarde à gauche, à droite, personne. Je continue pour sortir sur la petite place… Personne. Il y a bien quelques passants mais aucun de mes aïeux. Je suis un peu déçue mais je les recroiserais certainement lors d’un autre rendez-vous.

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Marie-Louise DURAND et Léger Alexandre RITZLER, les grands-parents maternel de mon papy. Les voici devant leur maison au n°25 de la rue des vieilles postes à Saint Memmie (Marne).
Un grand merci à Pierre (@geneatweet) pour les retourches ! 

 

 

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#Généathème octobre 2017 : en dehors des sentiers battus (partie 1)

Ce mois-cî, mes envies collent parfaitement à l’un des #généathème du mois d’octobre. Pour les non-initiés, les généathème sont des rendez-vous mensuels, proposés par la généalogiste professionnelle Sophie Boudarel afin de nous donner des idées de sujet d’articles à écrire dans nos blogs ! Ça sera le premier généathème pour le blog Jules ans Co Généalogie !

A la fin du mois d’octobre, je compte me rendre aux archives départementales de la Marne pour poursuivre les investigations sur mon cher Jules. Encore lui me direz-vous ! Et oui….. bon pas seulement, mais en priorité sur Jules.

En effet, pour mes 30 ans, mes collègues m’ont offert une demie-journée de recherches avec une généalogiste professionnelle en Île de France, Murièle des Racines et des Actes. Quelle chance ! Je suis activement les aventures de Murièle sur Facebook et j’ai eu la chance de la rencontrer à Châlons lorsqu’elle était en mission sur les AD de la Marne ! C’était en janvier dernier et nous avions pu papoter autour d’un café ! Et bien Murièle, en sa qualité d’expert, va prendre le relais de mes recherches sur Jules aux AD de Paris. Cela me semble tellement insurmontable ces recherches parisiennes. Pour cela, je lui ai déjà transmis tout ce que j’avais sur Jules, les recherches que j’avais déjà realisé, l’es questionnement autour de lui… Mais je n’ai pas tout sur sa vie, bien au contraire. Le point étant fait, il est temps pour moi de continuer les recherches sur sa vié au moins au AD de la Marne qui se situe dans ma ville.

Comme j’ai pu l’évoquer lors du #RDVAncestral du mois de septembre 2017, Jules était buraliste à Avize et tenait 2 boutiques : un bureau de tabac et une épicerie juste en face. Sur les photos, on dirait que c’est sa femme, Blanche qui tient cette épicerie mais en réalité je ne sais pas ce qu’il en est. Tout devait être au nom de Jules. Cela m’étonnerait qu’à cet époque les femmes aient le droit d’avoir une boutique à leur nom. Je vais donc pouvoir découvrir les archives des tribunaux de commerce, une première pour moi ! Armée de mon guide Archives & Culture « explorer les archives du commerce » fraîchement reçu il y a à peine quelques jours, je potasse !

Jules par-ci, Jules par-là, mais pas seulement !

Il y a quelques jours, en explorant le Journal de la Marne mis en ligne sur le sites internet des bibliothèques de Châlons, je découvre ce petit article dans la rubrique des faits divers :

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Il s’agit du journal du 2 avril 1931. Marcel Jules LEGER, mon arrière-grand-père est décédé le 31 mars 1931, il allait avoir 35 ans. Mais de quoi est-il mort ? Brutalement ? D’une maladie ? Il est l’heure pour moi de chercher des les archives hospitalières puisqu’il est décédé à l’Hotel-Dieu. Il laisse derrière lui mon papy Maurice LEGER âgé de 5 ans et sa sœur Marguerite LEGER âgée de 9 ans. Sa femme est déjà décédé en 1926, un mois après la naissance de mon papy. Je vais aussi pouvoir consulter les archives de la Justice de Paix et des Conseils de Famille avant de savoir comment s’est passé la succession et l’organisation pour les enfants. Je sais déjà que mon papy et sa sœur ont été élevé par leurs grands-parents maternels et ce depuis le décès de leur maman. Je vais peut-être aussi savoir qu’elles étaient les relations avec leur grand-mère paternelle qui était encore en vie en 1931 (elle décède d’ailleurs à peine deux ans plus tard, le 30 juin 1933).

Rendez-vous donc fin octobre – début novembre pour les résultats de ces recherches !

En attendant je vous souhaite une belle semaine !

Merci à tous pour vos lectures !